La problématique des interactions terre-mer au cœur d’un atelier pour une meilleure préservation des ressources maritimes et le bien être des populations des zones côtières.

Dans le monde en général et au Cameroun en particulier, les politiques et les lois qui régissent les activités en mer et sur la terre ne sont pas suffisamment intégrés et cohérentes. Il reste par contre indéniable que tout changement intervenant sur la terre ferme, lié à des activités anthropiques telles que les agro-industries ou les industries extractives, a un incident sur l’état de santé des mers qui, à leur tour, influent sur les écosystèmes terrestres et le bien-être des communautés côtière. De ce fait, la prise en compte des interactions terre-mer dans les politiques sont un facteur important pour la réalisation du bien être des plus pauvres et vulnérables, également pour la conservation des écosystèmes côtiers marins et de la biodiversité. C’est dans l’optique d’engager des réflexions pour la gestion des interactions Terre – Mer (ITM) que le RELUFA a organisé le 24 Janvier 2023 un atelier d’échanges, dans l’arrondissement de la Lokoundjé, près de Kribi, dans le cadre du projet LandCam financé par l’Union Européenne (UE). Des présentations ont meublé cet atelier, et ont porté sur 4 grandes problématiques: les interactions terre-mer dans le département de l’Océan Sud-Cameroun, l’aménagement du territoire et prise en compte des interactions Terre-Mer, Politiques et Législation sur la pêche et prise en compte des interactions Terre-Mer, Politiques et Législation sur les industries extractives (Pétrole, Gaz et Mine) et prise en compte des interactions Terre-Mer.
La communication au sujet des interactions terre-mer dans le département de l’océan Ouest-Cameroun a été faite par Joel Kamdoum Ngueko, spécialiste en planification marine spatiale et en gestion intégrée des zones côtières. Pendant son argumentation, il a relevé le fait que la gestion côtière doit avant toute chose prendre en considération les activités maritimes vu qu’aucune activité en mer ne peut se développer sans accès à la terre, mais que ce n’est pas toutes les activités sur la terre qui accèdent à la mer. Ensuite, la deuxième présentation a été faite par Monsieur Patrice NSEGBE, cadre au ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (MINEPAT). Au cours de son exposé, il s’est principalement intéressé à la question de l’aménagement du territoire et prise en compte des interactions Terre-Mer. Il a expliqué que l’océan et les mers peuvent affecter les zones terrestres et que le processus d’aménagement du territoire doit être réalisé conformément à un ensemble de textes officiels régissant la planification spatiale (urbanisme), la gestion des ressources naturelles (forêts, faune et pêche, eau), l’environnement, les affaires et domaines fonciers, ainsi que la décentralisation au Cameroun. Puis, la troisième réflexion a été conduite par Monsieur Makobe Francis Eugène, directeur du centre communautaire des pêcheurs de Kribi (CECOPAK) au sujet des Politiques et Législation sur la pêche et prise en compte des interactions Terre-Mer. S’inspirant du code de conduite pour une pêche responsable de l’organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, qui entre autre promeut une gestion intégrée des zones côtière. L’intervenant a relevé des points importants à prendre en compte dans les interactions Terre-Mer, entre autres, la participation des représentants des communautés de pêcheurs dans le processus de prise de décision concernant l’aménagement et le développement des zones côtières, les mécanismes de prévention et gestion des conflits entre utilisateurs des ressources halieutiques et entre ces derniers et les autres usagers de la zone côtière, etc. De ce fait, il a recommandé l’actualisation de la loi sur la pêche en tenant comptant d’une part, des dispositions pertinentes des accords régionaux et internationaux en la matière, et d’autre part de certains vides juridiques qui concerne les aménagements des zones côtières (pollution côtière, surveillance des zones côtières, mesures incitatives, intégration des populations riveraines dans la prise des décisions…). Enfin, la dernière présentation a été faite par le Dr Maginnot ABANDA AMANYA au sujet des Politiques et Législation sur les industries extractives (Pétrole, Gaz et Mine) et prise en compte des interactions Terre-Mer. Après avoir présenté la législation encadrant les industries extractives, il a identifié un certain nombre d’activités extractives dans le département de l’Océan qui induisent des interactions entre la zone terrestre et la zone maritime et a rélevé que les législations extractives ne prennent en compte que de manière insignifiante et insatisfaisante les interactions terre-mer..
De ces échanges, sept (07) grandes recommandations ont été formulées, il s’agit entre autre de documenter les ITM et leurs impacts et assurer leur surveillance, informer et sensibiliser sur les ITM, mettre en place des cadres de concertation multipartite au niveau local et national, mettre en œuvre une gestion intégrée des zones côtières, renforcer les capacités des collectivités territoriales décentralisées. Par ailleurs, il a été recommandé de prendre en compte les communautés locales, leurs modes de vie et moyens d’existence dans les différents processus d’aménagement du territoire et dans les différentes lois sectorielles et mettre à jour les différentes lois sur la pêche et les industries extractives et garantir une meilleure application des lois foncières et environnementales.

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