Muskwaari -
Le mil de contre saison |
Avec l’avancée du Désert du Sahara dans la région du Nord Cameroun, la population se bat pour sécuriser ses stocks de nourriture.
Pauvreté, Spéculation et Insecurité Alimentaire Chronique
Pendant que les conditions climatiques défavorables dans les régions sahéliennes causent de temps en temps de problèmes soudains à proportion catastrophique, le niveau élevé de pauvreté constitue une menace chronique pour la sécurité alimentaire des populations. Pendant la période de récolte, les cultivateurs vendent leurs récoltes pour assurer l’éducation et d’autres besoins de leurs familles. Avec des prix faibles sur le marché, de riches commerçants vont et viennent dans les villages pour faire des provisions et ainsi créer des pénuries de nourriture. Une fois que la nourriture devient rare, ils font ressortir leurs stocks sur le marché à des prix exorbitants.

Un grenier familiale traditionnelle |
Lorsque les familles épuisent leurs stocks de nourriture, elles sont forcées de vendre leurs bétails ou d’emprunter de l’argent pour acheter de la nourriture. Mais à ce moment, les prix des céréales grimpent et ceux des bétails sont en chute libre. Ainsi, les conditions de vie et la sécurité alimentaire des populations continue de décroitre.
Greniers Communautaires
Lorsque la région a connu de sévères pénuries de nourriture en 2005, un comité ad hoc d’organisations membres de RELUFA (ADERSA, ADESE, FOSAL) a travaillé avec la coordination du réseau pour étudier d’autres programmes de sécurité alimentaire. Ils ont rencontré d’autres organisations nationales et internationales et des Eglises pour apprendre de leurs expériences respectives. Le comité avait donc discuté de la méthode à adopter pour réaliser en tant que réseau national la souveraineté alimentaire des communautés vulnérables du Nord Cameroun.

Un grenier communautaire de céréale
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L’établissement d’un système de banque communautaire de céréales avait été identifié comme étant la stratégie la plus appropriée pour briser le cycle de rareté de nourriture, l’inflation des prix sur le marché, la malnutrition chronique et la dépendance aux programmes de distribution alimentaire. Les greniers villageois permettent ainsi d’une part l’auto gouvernance des stocks de nourriture par les villageois et d’autre part de freiner les mécanismes de spéculation qui génère la pauvreté.
Lire plus à propos du projet pilote de 2006, voir un aperçu des 18 premiers greniers villageois, et les images de la période de récolte.
Un tas de sac de mil nouvellement recolté et achete par RELUFA pour constituer des premiers stock de roulement pour une banque communautaire de céréale
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Les Opérations
Pendant la période de récolte, RELUFA fournit aux villages un fond de roulement pour permettre aux greniers d’acheter les stocks de céréales de leurs cultivateurs et d’opérer comme des banques de céréales.
Ces céréales sont stockées dans les greniers qui ferment leurs portes après la saison de récoltes. La banque de céréales ré ouvre ses portes lorsque la nourriture vient à manquer. Ainsi le grenier vend les sacs à un prix accepté de tous les membres du groupement concerné avec un petit surplus comme frais de stockage, ou alloue les sacs à crédit aux familles nécessiteuses dans les différents groupements.

Sacs de cereales dans un grenier villageois |
Le surplus est vendu en dehors de la communauté au prix du marché. L’argent recueilli de cette vente sert de fond de roulement pour acheter les céréales dans la communauté pendant la période de récolte prochaine et pour reconstituer le stock dans les greniers pour la prochaine période de pénurie. Au même moment, les familles ayant emprunté dans la banque de céréales remboursent avec un petit intérêt en nature.
Formations
RELUFA organise des réunions de sensibilisations dans les communautés ciblées pour leur permettre de mieux comprendre le système de banque communautaire de céréales.
Impacts
Le programme de souveraineté alimentaire mène à une stratégie qui traite à la fois différents problèmes notamment la faim, la pauvreté et l’injustice économique.
Faim : le stock permanent de la communauté assure la sécurité de ses propres besoins. Pendant la période de soudure, le prix de vente du groupe sera compris entre 5 000 et 10 000 francs CFA (environ 10$ - 20$) par sac plus bas que le prix du marché. Les familles peuvent plus facilement se permettre d’acheter ou de prendre à crédit, remboursable en période des récoltes. Un sac de céréales nourrira une famille de 6 personnes pendant environ un mois.
Pauvreté : le prix pratiqué pour les membres du groupement permettra à la communauté d’épargner entre 500 000 et 1 000 000 de francs CFA (environ 1000$ - 2000$) par an pour un stock de 100 sacs. Au lieu d’avoir une boucle de pauvreté en vendant le bétail ou prenant des crédits, l’argent et/ou le bétail reste dans la communauté. Aussi, si le groupement d’un village gère de manière à augmenter le nombre de sacs, c'est-à-dire développe l’épargne, la vente de ces surplus donne un capital additionnel et accroit les conditions de vie de la communauté au sens large.
Injustice économique : la pratique de la spéculation accentue le niveau de pauvreté dans la population. Le simple fait que les cultivateurs aient besoin de racheter le produit de leur dur labeur, payant plus qu’ils n’en ont reçu, constitue une injustice. En créant des banques communautaires de céréales et en achetant les stocks chez les petits cultivateurs avant que les commerçants ne le fassent, RELUFA freine l’exploitation par les spéculateurs. Dans le long terme, le réseau travaillera avec les organisations membres et les communautés afin de faire un plaidoyer auprès des autorités locales pour mettre en place des politiques prévenant la vente de la production locale aux riches commerçants des pays voisins.
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