Le projet d’oléoduc pétrolier et de pipeline Tchad-Cameroun est le plus gros investissement étranger en Afrique Subsaharienne. Il prévoit le forage de 300 puits de pétrole dans la région de Doha dans le sud du Tchad et la construction d’un long pipeline de 1070 km pour transporter le pétrole du Tchad vers le port de Kribi sur l’Océan Atlantique. Là, le terminal de chargement est connecté à un pipeline souterrain de 11 km. Forgeant son passage à travers la forêt tropicale, le projet traverse 242 villages. Sur le chemin, des stations de pompage et de réduction de pression étaient construites, des quartiers d’habitation pour les équipes du projet, et des aires de stockage pour les équipements.
Le projet a été opérationnel en Octobre 2003 et a été inauguré le 12 Juin 2004. La production de pétrole attendue est de 225.000 baril par jour.
La phase de construction du projet est achevée, mais son impact socio-économique sur la population est encore présent. Les contrats signés entre les parties prenantes sur la distribution des bénéfices du pétrole laissent à désirer, et en 2006 des frictions il y eut des tensions entre le gouvernement du Tchad, la Banque Mondiale et les compagnies pétrolières. RELUFA suit la question non résolue des compensations au sein des communautés vivant le long du pipeline, et plaide pour la transparence dans l’utilisation des revenus.
Sur les aspects techniques, le pipeline Tchad-Cameroun a fait des grands pas. La phase de construction a avancé plus rapidement que prévu, mais les composantes écologiques et sociales sont en retard. Ceci a créé un développement à deux vitesses, et les prévisions sociales et environnementales créées par le projet sont loin d’avoir du succès. A la fin des travaux, plusieurs plaintes des populations demeurent irrésolues.
En 2004 et 2005, les membres du groupe de travail de RELUFA sur la Justice en Economie dans les Industries extractives ont voyagé le long du pipeline afin d’enregistrer ces plaintes et en collecter de nouvelles. Grâce à la facilitation du Groupe International Consultatif mis sur pied par la Banque Mondiale pour suivre le projet de manière indépendante, la compagnie gérant le pipeline et le gouvernement camerounais ont depuis 2005 accepté de s’asseoir autour de la table et de discuter sur plus de 400 anciens et nouveaux cas avec les groupes de la société civile. RELUFA est un interlocuteur actif dans ces négotiations pour defender la cause des populations. Les rapports des visites statutaires biannuelles du GIC au Tchad et au Cameroun peuvent être trouvés sur le website du GIC.
Le réseau travaille également avec le leadership ecclésiastique pour sensibiliser les communautés religieuses sur les impacts négatifs de l’économie globale en général et les industries extractives en particulier dans la région Afrique Centrale. En 2004, le réseau a collaboré avec les églises camerounaises membres de l’Alliance Réformée Mondiale (ARM) pour développer une déclaration sur les tendances en cours dans les industries pétrolières en Afrique Centrale. Cette déclaration a été présentée dans une session plénière du Conseil Général de l’ARM d’Accra de 2004.
RELUFA est membre fondateur de la branche camerounaise de la coalition internationale Publiez Ce Que Vous Payez. PCQVP cherche à établir un cadre international requérant des compagnies multinationales d’extraction qu’elles publient les taxes, redevances, royalties et autres paiements faits aux gouvernements des pays où elles opèrent. La publication de telles données permettra à la société civile d’évaluer de manière plus exacte la manière par laquelle le gouvernement dépense les revenus issus des ressources, et les possibles détournements des fonds.
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