|
SUIVI DE L'OLEODUC CHAD-CAMEROUN Le Projet du Pipeline Chad-Cameroun est le plus grand investissement étranger jamais réalisé en Afrique Subsahérienne. Il s’agit de 300 puits de pétroles à Doba au Sud du Tchad, et d'une oléoduc longue de 1070 Km permettant le transport du pétrole du Tchad jusqu’au service de chargement sur la côte atlantique en passant par le Cameroun. Ce service en mer est relié au port de Kribi par une tuyau sous-marine longue de 11 km. Les travaux dudit projet ont débuté au mois d’octobre 2003 et a été inauguré le 12 juin 2004. La production est estimée à près de 225000 barils par jour.
La polémique au sujet du rôle de la Banque Mondiale dans ce projet s’est aggravé par de nombreux rapports concernant l’inadéquation des mesures de compensation, concernant la destruction des plantations et des sources d’eau potable, ainsi que les mauvaises conditions de travail aux quelles sont soumis les employés. Le 25 septembre 2002 le CED a présenté pour le compte des personnes victimes du projet une plainte à la banque mondiale. Les principales réclamations sont : 1°) L’inadéquation, l’insuffisance ou le non paiement des compensations. Afin d’aider les populations à mieux faire face aux dégâts que vont entraîner les travaux du projet, le versement de certaines compensation a été prévu par les hauts dirigeants du projets. Mais lors du versement desdites compensations, quelques irrégularités ont été observées parmi les quelles : - la non perception de compensation par certaines personnes qui pourtant ont perdu des biens. Tel est le cas des pygmées Bakola qui ont dû voir se détériorer leur cadre de vie sans compensation aucune ; - la sous-évaluation des produits détruits, d’où la perception des sommes minables par rapport à l’ampleur des dégâts ; - le détournement des compensation au profit des personnes n’ayant pas qualité de les percevoir ; - la mauvaise qualité du matériel agricole remis aux populations en guise de compensation. 2°) Destruction des sources d’eau Au cours des travaux de construction, de nombreux points d’eau potables ont été endommagés dans des villages sans aucun remplacement. L’exemple ici est le cas du village Mpango où le manque d’eau potable a sévi pendant près de 4 années c’est-à-dire de 1998 à 2002, et l’on a noté l’existence de cas de maladies liées au manque et à la mauvaise qualité de l’eau potable dans ces villages. 3°) Réduction des activités de pêche Au cours des travaux de construction du projet, les cours d’eau et rivières ont connu des perturbation, entraînant par là une baisse des activités de la pêche traditionnelle qui permet pourtant aux population d’assurer leur alimentation. Mais hélas, aucune compensation à cet effet n’a été versée aux populations de l a localités.
4°) La situation des employés Les personnes employées dans les travaux de construction du projet se sont trouvées et se trouvent dans des situations embarrassantes et difficiles : - Nombres d’entre les employés n’ont pas été enregistrés à la sécurité sociale et ont dû perdre par là certains avantages tels que la pension vieillesse, les allocations familiales, la couverture des risques, et bien d’autres encore. - La plupart des employés victimes d’accidents de travail n’ont pas été pris en charge par leurs employeurs du fait de leur non enregistrement à la sécurité sociale au moment où surviennent les accidents. - Le licenciement de façon abusive des travailleurs blesses 5°) Propagation des MST et VIH/SIDA La réalisation ou l’élaboration de certains grands travaux tels que celui du Pipeline Tchad-Cameroun entraîne le plus souvent des flux migratoires d’horizons divers. C’est ainsi que, conscient de ce fait, la Banque Mondiale a envisagé qu’un certain nombre de mesures permettant de diminuer les risques soient prises. Grande est la désolation d’apprendre qu’aucune de ces mesures n’a été appliquée sur le terrain, et les conséquence sous-jacentes en sont énormes car les populations locales ont grandement été exposées au VIH/SIDA et autres MST connues, pourtant si ces populations avaient été ne ce reste que sensibilisées sur questions, on aurait pu éviter le drame. Les publications du CED: Promesses Bafouées, qui payera la facture? (2001) Exploitation Pétrolière et Oléoduc Tchad-Cameroun: Appel à la responsabilité (2002) Traversing peoples lives |
|